Phoenix : "Il n'existe pas un son Versailles"

Publié le par MonVersailles

Début mai, rendez-vous est pris sur les quais de Seine avec les membres de Phoenix, direction une péniche louée par le groupe versaillais pour quelques semaines. C'est dans ce lieu improbable que Thomas Mars, Christian Mazzalai, Laurent Brancowitz et Deck D'Arcy préparent leur nouvel opus, qui sortira l'année prochaine. Sans oublier le concert du 29 juin au Bassin de Neptune !

Comment s'est formé Phoenix ?
Christian Mazzalai : On vient à la fois de Versailles, du Chesnay et de Bois d'Arcy (d'où le nom de scène du bassiste, Deck d'Arcy NDLR), mais le groupe s'est formé à Hoche. On ne faisait pas de concert, mais on jouait tout le temps entre nous.

Comment se répartit l'écriture ?
Thomas Mars : Avant, je faisais plutôt les textes, mais maintenant, on écrit tout ensemble et chaque morceau appartient véritablement au groupe. C'est très fusionnel entre nous.

Pourquoi n'avez-vous pas de batteur attitré ?
TM : Pour le 1er album, c'était moi, mais après on a fait appel à des batteurs. Mais nous avons peut-être trouvé un batteur, un Suédois...

phoenix versaillesPhoto : Nicolas Toutain Copyright: EMI France /Virgin

Votre 3ème album est manifestement plus rock que les autres, y a t-il une raison ?
CM : Non. Chaque album est différent, mais celui-ci s'est fait après plus d'un an et demi de tournée dans le monde, tournée qui s'est terminée en Allemagne, d'où le choix de ce studio berlinois que nous avons loué.

Justement, parlez-nous de ce studio assez particulier...
TM : Comme on aime bien le côté amateur, on a choisi les studios de l'ancienne radio communiste de RDA appelés Planet Rock, qui servaient à enregistrer en stéréo les orchestres philharmoniques de l'époque. Ce serait les plus grands studios au monde. En tout cas, l'architecture nous a bien plu et a forcément inspiré notre travail.
CM : D'autant plus qu'on avait quatre mois pour pondre un album et qu'on n'avait pas une chanson ! On ne s'est donc fixé aucune limite et ça a donné un album plus brutal.

Y a t-il vraiment des publics différents ?
CM : C'est même incroyable ! Au Japon, vous avez à la fois un mélange d'hystérie et de discipline. En Australie et au Mexique, l'accueil a été fabuleux, le public y est très festif et très généreux. Mais notre concert le plus bizarre a été... Phoenix : les mineurs étaient séparés des majeurs ! Ca nous a un peu perturbés...
TM : En tout cas, le pays le plus permissif, c'est la France. Ca tombe bien, c'est notre public préféré !

Vous écoutez quoi ?
TM : On écoute de tout, mais en ce moment je redécouvre les Clash et New Order

Le 29 juin prochain, vous avez rendez-vous avec Versailles : un concert comme un autre ou...
CM : On est très très contents ! D'autant plus que c'est le premier concert organisé au Bassin de Neptune ! Le lieu est magique et féérique, la scène est sur l'eau et au milieu des tribunes.
TM : Depuis l'Olympia, on ressent plus de pression à jouer en France, surtout si la famille ou les potes sont là ! On adore jouer en France, alors Versailles,vous imaginez...

Quelles sont vos relations avec Air, de Crécy et Gopher ? Allez-vous jouer en ensemble le 29 juin à Versailles ?
TM : On connaît bien les premiers car on a déjà baucoup joué avec eux, notamment en tant que backing band aux Victoires de la Musique. Si on a le temps de répéter, peut-être qu'on jouera ensemble.

phoenix versaillesPhoto: Greg Williams / Art + Commerce Copyright: EMI France

Vous intéressez-vous ou soutenez-vous de jeunes groupes versaillais ?
TM : Non, directeur artistique n'est pas notre métier. Le seul conseil qu'on pourrrait donner, c'est "Jouer comme vous l'entendez, pour vous faire plaisir". C'est peut-être ça la Versailles Touch...

Justement comment la défineriez-vous ?
CM : Il n'existe pas un son "Versailles" comme il existe un son "Sheffield" ou un son "Liverpool". Quel point commun entre Air, de Crécy et nous ? Aucun ! A part faire de la musique chez nous, de manière indépendante, sans compromis ni règles établies. Mais le mystère ne tue pas le charme...

Selon vous, qu'est-ce qui manque à Versailles pour soutenir une telle effervescence musicale ?
CM : Un grand festival annuel, pourquoi pas au Bassin de Neptune, pendant lequel des groupes étrangers joueraient aussi. Versailles est connue pour sa musique dans le monde entier, autant en profiter ! Mais une grande salle de concerts et des studios, ce serait bien aussi.

Quels sont vos rapports avec Versailles aujourd'hui ?
TM : Nos studios sont boulevard de la Reine, donc on y retourne souvent. Mais on habite à Paris depuis nos 18 ans.

Quelle image en avez-vous ? Et quelle image s'en font les étrangers ?
TM : Il y a un côté hors du temps à Versailles, avec son code de conduite vestimentaire et ses scouts, mais aussi son charme et son côté carte postale. A l'étranger, Versailles passe pour une ville ultraexotique et fait rêver. Mais il existe quand même un grand vide culturel pour la jeunesse.
CM : Mais je vous rassure, on n'a pas souffert de la vie versaillaise : nos parents nous ont laissé une totale liberté et puis, on est vite partis.

Quel est votre meilleur souvenir à Versailles ?
CM : Le samedi soir, quand on pouvait répéter tranquillement entre nous. C'était le bonheur absolu !

Et le pire ?
TM : La sonnerie de 8h10 à Hoche ! Surtout l'hiver, juste avant quatre heures de maths, quatre heures pendant lesquelles on inventait des mélodies..
Publicité

Publié dans Culture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
Et si si tu nous organisais une première partie avec eux ?<br /> V\\\'là le blog de mon nouveau groupe :<br /> http://www.myspace.com/groupechiendent<br /> à bientôt
Répondre
L
Alalaaa...Et Air alors?On attend einh! haha<br /> gros bisous à bientot !
Répondre
V
excellent.Ptet qu'un jour y'aura une interview d'un groupe appellé "Versailles" de Phoenix qui paraitra dans www.MyPhoenix.com....
Répondre