La Versailles Touch, nouveau patrimoine de la ville
La scène musicale versaillaise ne se limite pas à Air et à Phoenix. Celle-ci est une grande famille solidaire, fière de son originalité, mais surtout diablement créatrice quand il s'agit de composer. Aujourd'hui, la cité royale est désormais aussi connue dans le monde pour sa musique... que pour son château.
Si certains n'hésitent pas à remonter des centaines d'années en arrière pour expliquer un tel foisonnement musical, d'autres mettent en avant les années 80, avec le groupe rock-petits-minets Sclérose ou la formation des Oui-Oui, dont le batteur était un certain... Michel Gondry, plus connu aujourd'hui comme réalisateur de clips, notamment pour Björk et les White Stripes, ou de longs-métrages comme "La science des rêves" et "Eternal Sunshine of the Spotless Mind".
Phoenix (photo : Nicolas Toutain, copyright: EMI France /Virgin)Mais les véritables moteurs de ce bouillonnement musical unique en France sont incontestablement les membres de Air. Anciens de Jules Ferry, comme Etienne de Crécy ou Alex Gopher, Jean-Benoit Dunckel et Nicolas Godin ont donné à Versailles ses titres de noblesse grâce à des albums comme Moon Safari ou la musique du film Virgin Suicides. En cartonnant à l'étranger, leur électro paisible mais envoûtante a ainsi pu débrider l'énergie créatrice de nombreux talents : des décalés Phoenix à l'électropop de 8LPM !, en passant la pop psyché de Los Chicros et de Turzi et le rock de Vertigo Quartet, de Housse de Racket, de Mellow, de Virgule 2 ou encore des Syd Matters, les Versaillais démontrent de plus en plus fort leur passion pour une musique (très) indépendante. Sans oublier les Jack the Ripper qui vendent 25 000 albums et remplissent la Cigale en un mois, rien que par le bouche-à-oreille !
Virgule 2 (photo : Virgule 2)Alors pourquoi Versailles ? Les organisteurs de Rock The Palace, Jean-Baptiste Biaggi et Anne-Caroline de Besombes mettent en avant "un goût pour l'expérimentation et une inspiration sans scrupule dans le vintage des années 70, ainsi qu'une ouverture d'esprit due à un niveau de culture élevé. A Versailles, en-dehors des cours, un jeune fait soit du sport soit de la musique".
"C'est le manque de moyens par rapport à Paris qui poussent les Versaillais à se surpasser, rajoutent-ils, on n'a pas de salles de spectacles, mais on fait mieux qu'eux. Les musiciens versaillais, c'est le nouveau patrimoine de la ville. Malheureusement, les pouvoirs publics ne l'ont pas compris : par exemple, il manque toujours un festival géant."
8LPM! (photo : Gézelin Grée)Le versaillais Nicolas Le Dain, du Village Vert (qui produit notamment Luke et Deportivo) et qui a organisé le tout premier concert de Phoenix à Porchefontaine il y a une dizaine d'années, a une explication plus terre-à-terre : "A Versailles, on s'ennuie quand on est jeune. Alors, quand papa et maman ont de l'argent et une grande maison, on peut s'acheter des instruments et répéter en toute tranquillité". Et quand il va en Angleterre pour ses affaires, son origine versaillaise ne passe pas inaperçue : "Les Anglais sont persuadés que les Versaillais passent leur temps à jouer de la musique électro dans la rue. Mais, forcément, quand ils viennent, ils sont déçus...".
Les Housse de Racket (photo : Romain Chassaing)
Los Chicros (photo : Romain Chassaing)
Vertigo Quartet (photo : Kit Thomas)Et très bientôt une interview exclusive des... Phoenix !
Leur dernier album, leur travail, ce qu'ils pensent de la Versailles Touch et de la ville...
Bonus : les images des gradins qui viennent d'être montés au Bassin de Neptune pour le concert du 29 juin : ça promet d'être grandiose !


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